Les dix jours qui ont vu Sarkozy, Juppé puis Hollande s'en aller

Chacun avec ses mots, les trois hommes ont ouvert ces derniers jours une nouvelle période de l'histoire de la Ve République.

Hollande hors jeu, Sarkozy battu, Juppé défait: à douze jours d'intervalle, le président de la République, son prédécesseur et celui qui fut longtemps présenté comme le favori pour la présidentielle de 2017 ont été amenés, dans des conditions différentes, à renoncer à leurs ambitions.

Sarkozy: «Il est temps pour moi d'aborder une vie avec plus de passion privée et moins de passion publique»

Retour vers le passé: nous sommes dimanche 20 novembre, il est 22h05, et Nicolas Sarkozy, éliminé sèchement du premier tour de la primaire de la droite, est contraint de s'effacer. «Il est temps pour moi d'aborder une vie avec plus de passion privée et moins de passion publique», dit-il lors de son discours reconnaissant sa défaite. «Bonne chance à la France, bonne chance à vous mes chers compatriotes, soyez certains que Français je suis, Français je reste et que tout ce qui de près ou de loin touche à la France, me touchera toujours personnellement», dit l'ancien patron des Républicains, ému.

«Je suis comme ça, on ne change pas, je n'ai aucune amertume, aucune tristesse, et je souhaite le meilleur pour mon pays pour vous mes chers compatriotes, et pour celui qui aura à conduire ce pays que j'aime tant, la droite a donné une bonne image, j'ai été heureux de participer à ce combat, au revoir à tous», a-t-il conclu entouré de son épouse Carla Bruni et de quelques fidèles dont Laurent Wauquiez et Brice Hortefeux.

C'est ainsi par une note sobre et un ton jugé «digne» par ses amis comme ses adversaires que Nicolas Sarkozy a tourné le dos à la politique. Dimanche 27 novembre, lors du second tour de la primaire, il a voté, seul, peu après 08h15 dans le XVIe arrondissement de Paris, sans faire de déclaration.

Juppé: «J'ai donné 40 ans de ma vie au service de la France et cela m'a apporté de grands bonheurs et quelques peines»

Avec environ 30% des suffrages, Alain Juppé reconnaît rapidement dimanche 27 novembre au soir sa défaite face à François Fillon au second tour de la primaire de la droite. Son propos est dénué d'artifices: «Je félicite François Fillon pour sa large victoire (...) Comme je m'y étais engagé, j'apporte dès ce soir mon soutien à François Fillon. Je lui souhaite bonne chance pour sa prochaine campagne présidentielle et la victoire en mai prochain», dit-il. «Je vais me consacrer pleinement à ma tâche de maire de Bordeaux qui m'a donné et me donne tant de joies», a ajouté l'ancien premier ministre, élu pour la première fois dans la ville en 1995 et aujourd'hui âgé de 71 ans.

«J'ai donné 40 ans de ma vie au service de la France et cela m'a apporté de grands bonheurs et quelques peines, a-t-il poursuivi, lançant à ses soutiens: «À vous de continuer.»

Ce vendredi, au lendemain du renoncement de François Hollande, il s'est refusé à commenter ce choix affirmant qu'il avait «décidé de se retirer de la vie politique nationale, pour l'instant». «J'ai tourné la page de la politique nationale et je m'abstiendrai de tout commentaire, je suis passé à autre chose», a-t-il conclu.

• Hollande: «J'ai décidé de ne pas être candidat à la présidence de la République»

Et nous voici ce jeudi 1er décembre au soir à 20h. Une date qui entre dans l'Histoire: pour la première fois de la Ve République, un président en exercice annonce, quelques mois avant la fin de son mandat, qu'il ne se présente pas à sa propre succession. «Aujourd'hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle, aussi j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle», a expliqué le chef de l'Etat, le visage grave, dans une déclaration tournée dans une dépendance du palais de l'Elysée. «Dans les mois qui viennent, mon devoir, mon seul devoir sera de continuer à diriger le pays, celui que vous m'avez confié en 2012, en m'y consacrant pleinement et dans le dévouement le plus total à la République», a-t-il ajouté après avoir dressé un bilan positif de son quinquennat.

Il a exprimé «un seul regret», celui d'avoir proposé la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme. «Mais le pouvoir, l'exercice du pouvoir, les lieux du pouvoir et les rites du pouvoir ne m'ont jamais fait perdre ma lucidité ni sur moi-même ni sur la situation», a-t-il conclu.

Le Larousse nous rappelle qu'être lucide, c'est celui qui voit clairement et objectivement les choses dans leur réalité.

Source Le Figaro

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