Gambie: l’état d’urgence décrété pour 90 jours… le Nigeria déploie son navire de guerre « Unité NNS »

Un décret présidentiel a été lu mardi 17 janvier par les médias de l’État gambien. Ce décret, lu par président Jammeh lors d’une allocution à la télévision nationale, instaure un état d’urgence dans toute l’étendue du pays qui durera trois mois (90 jours), révèle le texte:

Moi, Cheikh Professeur El Hadj Dr Yahya A.J.J. Jammeh Babili Mansa, président de la République islamique de Gambie, et commandant en chef des forces armées, agissant en vertu de la section 34, sous-section 1, paragraphe B de la Constitution de la République islamique de Gambie, ce jour du 17 janvier 2017, déclare l’Etat d’urgence dans l’ensemble de la République islamique de Gambie, où prévaut une situation qui, si elle n’est pas enrayée, pourrait conduire à une situation d’urgence nationale.

C’est un décret qui ne surprend personne, car la Gambie est plongée dans le chaos depuis le refus de Yahya Jammeh, qui est au pouvoir depuis 22 ans à l’issue d’un coup d’État militaire contre Jawara, d’accepter les résultats sortis des urnes.

Il avait dans un premier temps appelé le vainqueur Adama Barrow pour le féliciter, avant de faire volte-face et faire tomber tout le monde des nues, et déposer un recours à la Cour constitutionnelle pour l’invalidation des résultats.

M. Barrow, après avoir participé au sommet Afrique-France, dont il était l’invité de marque pour représenter l’État gambien qu’il ne devrait pas représenter avant son investiture prévue pour ce jeudi 19 janvier, a atterri à Dakar au lieu de fouler le tarmac de l’aéroport international de Banjul. Il y séjourne désormais dans un hôtel en place dans toute discrétion.

L’on se demande s’il prêtera serment à Dakar ou à Banjul. Fort possible à Dakar. Vu l’état d’urgence qui vient d’être instauré par un décret présidentiel, qui tombe comme cadeau du ciel pour être un bon argument parmi tant d’autres permettant à Barrow de se faire investir dans une ambassade gambienne dont les diplomates sont acquis à sa cause. D’autant plus que, d’après certaines sources, des articles de la Constitution prévoient non seulement la présence d’un seul juge au minimum à l’investiture d’un président élu, mais que celle-ci doit avoir lieu sur le territoire gambien, sans établir pour ce dernier article de restriction.

Ce seul juge pourrait être le président de la Cour suprême gambienne, Emmanuel Fagbenle, qui, d’après BBC, s’est récusé lundi de l’examen du recours porté devant cette juridiction par le président sortant contre l’investiture d’Adama Barrow, prévue pour ce 19 janvier. Or c’est le même juge qui évoquait mardi 10 janvier son indisponibilité de statuer sur le recours déposé par le camp Jammeh pour l’invalidation des résultats issus des urnes.

Mais M. Barrow, au lieu d’être investi sur le sol sénégalais – si l’on tient compte de vide de restriction dans l’article qui prévoit l’investiture d’un président gambien élu sur le sol gambien – peut l’être en Gambie, si l’on se fie à cette dernière information de BBC selon laquelle un navire de guerre nigérian dénommé « Unité NNS », est au large des côtes du Ghana en direction de la Gambie, en prélude à une éventuelle intervention militaire pour détrôner «Le Roi qui défie les rivières».

D’après d’autres informations concordantes, c’est le Sénégal dont le président a des antécédents avec Yahya Jammeh, qui dirigera une éventuelle opération sous-régionale qui ne porte pas encore de nom d’animal (Épervier, Serval et consort). Les chefs militaires des pays d’Afrique de l’Ouest en auraient discuté le week-end passé dans une rencontre. Mais à savoir si l’on n’a pas fait peu de cas de service après vente.

Kouroukanfouganews

Retour à l'accueil