Renard: ''Je défendrai l'Afrique jusqu’à ma mort''

Vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations en 2012 avec la Zambie et en 2015 avec le Côte d’Ivoire, Hervé Renard tente le défi à la tête de la sélection marocaine. Le Savoyard s'est fixé un objectif précis avec les Lions de l'Atlas

Hervé, vous voilà en route pour un 3e sacre…
J’aimerais bien, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Avec la Côte d’Ivoire, on n’était pas dans une forme étincelante avant la compétition, ce qui me fait dire que tout est possible dans une compétition comme la Coupe d’Afrique. Le premier tour sera le plus dur pour nous, avec la Côte d’Ivoire (dernier adversaire), la RD Congo (ce lundi) et le Togo. Plus généralement, il y a de plus en plus d’équipes bien organisées, avec des joueurs talentueux capables de faire la différence.

Comment appréhendez-vous vos retrouvailles avec les Eléphants ?
Il y aura des poignées de main, des embrassades. Les matches de compétition sont un plaisir car la CAN est magnifique pour le football africain. Je ne suis pas africain, mais je suis tombé amoureux de l’Afrique et je la défendrai jusqu’à ma mort, afin de contester les préjugés qui collent au continent africain et qui sont faux. Tout ce que j’ai donné en Afrique, on me le rend, parfois seulement avec des sourires. Ce que j’aime avec la CAN, c’est la fête qui a autour du football.

Que pensez-vous des autres grands favoris de la CAN comme l’Egypte, le Sénégal ou l’Algérie ?
La Côte d’Ivoire, en tant que tenante du titre, est hyper compétitive, elle a su digérer le départ de ses joueurs emblématiques (Yaya Touré). Je l’ai vu contre l’équipe de France, elle a les joueurs offensifs pour faire la différence. L’Egypte a une très belle équipe, avec un Hector Cuper qui a de l’expérience. L’Algérie a aussi des individualités de grande qualité. Le Sénégal sera dangereux, car Aliou Cissé a amené de la rigueur dans le groupe. Il y a tellement de bonnes équipes, avec le Cameroun, le Gabon ou le Ghana.

Y a-t-il une pression particulière sur le Maroc ?
Je me mets une pression sur moi-même. Si on ne joue pas les quarts de finale, ce sera un échec et j’assumerai. Je ne suis pas venu au Maroc pour m’arrêter au premier tour, même si le groupe est dur. La fédération ne m’a pas donné d’objectif précis, je me suis moi-même fixé cet objectif.

Comment sentez-vous votre groupe ?
Il faut se dire que l’on va faire quelque chose. On doit avoir confiance en nous. On a des individualités qui sont très bonnes, mais il y a une énorme attente. Cela fait 15 ans que le Maroc n’a pas fait de résultat dans une grande compétition. Pour être exact, cela fait 14 ans que la sélection n’a pas passé le premier tour, cela fait beaucoup. J’ai eu de la réussite avec la Zambie et la Côte d’Ivoire, alors les gens pensent que ça fera la différence…

Youssef El-Arabi est moins bien actuellement. Le Maroc peut-il jouer sans véritable attaquant de pointe ?
Non, Youssef est en forme, il a marqué pas mal de buts au Qatar (Lekhwiya), j’espère qu’il aura le même état d’esprit qu’il a d’habitude. Quant à Youssef En-Nesyri (Malaga), il faut lui laisser un peu de temps car il a un grand potentiel. Au-delà de ces joueurs, il faut d’abord penser au collectif.

Avec le Maroc, vous avec une équipe moins puissante qu’il y a deux ans.
Oui, c’est différent. Mais c’était le cas avec l’équipe de la Zambie, qui n’avait pas de joueurs massifs et puissants, mais des éléments vifs et rapides, également bons manieurs de ballon. La Côte d’Ivoire, c’est un rouleau compresseur, mais, généralement, il faut savoir contrer les qualités des adversaires.

Est-ce difficile d’attirer les joueurs binationaux ?
Quand un joueur a deux parents venant d’un même pays, ça me semble logique qu’il opte pour le pays de ses parents, même s’il a été élevé en France et a été formé en France. Ce n’est pas un choix facile, mais je préfère voir un joueur qui a vraiment envie de venir. Si tu n’as pas le cœur à 100% pour ce pays, cela ne sert à rien de venir.

Source football.fr

 

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