Semaine macabre dans le Nord et le centre du Mali

Près de 20 morts suite à des attaques terroristes

Notre pays vient de vivre l’une des semaines les plus meurtrières. En effet, du mardi 2 au mercredi 3 mai, les différentes attaques terroristes ont fait près de 20 morts, principalement dans les régions de Tombouctou (où la violence et son corolaire de morts deviennent quasiment quotidiens) et Ségou.

Tout a commencé tôt le mardi 2 mai 2017 par l’attaque contre la petite localité de d’Arbichi, cercle de Gourma Rarhous, tenue par des combattants de la CMPDR2, sous le commandement d’un certain Aboubacrine Youssouf par des hommes de la plate-forme. D’après les informations recueillies auprès de plusieurs sources des deux camps, les combats ont fait neuf morts dont le chef militaire de la CMPFR2, Aboubacrine Youssouf et deux de ses fidèles lieutenants. Les combats, qui ont duré plusieurs heures et fait des dégâts importants, ont pris fin la mi-journée au grand soulagement de tous.
Au même moment, dans la région de Ségou, sur l’axe Dogofry-Nampala, des terroristes, probablement à la solde de Bamoussa Diarra, un ex-colonel déserteur de l’armée, tendaient une embuscade contre un convoi de ravitaillement de l’armée. L’attaque a fait, selon des sources officielles, neuf morts dont le Sous/ Ebè David Somboro et cinq blessés.
Ce lourd bilan est la preuve que l’ouest et le centre de notre pays restent également sous la menace des terroristes qui ont élu domicile dans les forêts qui jouxtent la frontière mauritanienne.
Plusieurs sources, militaires et locales, s’accordent à dire que les terroristes qui ont signé l’attaque du 2 mai 2017 contre le convoi de ravitaillement de l’armée sur l’axe Dogofry-Nampala auraient trouvé refuge dans la tristement célèbre forêt du Wagadou. Située dans le cercle de Nara, il s’agit d’une savane assez dense de 80 km de long et 40 km de large dont la pénétration est extrêmement difficile. Pourtant, de par le passé, plusieurs opérations de ratissage y ont eu lieu. Déjà en 2011, l’aviation mauritanienne y a effectué plusieurs raids. D’autres ont également eu lieu lors d’opérations conjointes en 2012 et 2015. La spécificité de la zone fait qu’elle n’a jamais été, en réalité, débarrassée des terroristes.
La forêt de Farimaké, située à l’est de Nampala et au sud de Léré, fait aussi l’objet de surveillance. Ancien pâturage, cette forêt est en train de devenir la planque d’un autre groupe armé, le Front de libération du Macina, du prédicateur aux prêches sulfureux Amadou Kouffa.
Les corps des neuf soldats tués à Nampala ont été acheminés sur Ségou où ils ont été enterrés dans l’après-midi du mercredi 3 mai 2017.
Le mercredi 3 mai 2017, c’était au tour du camp de la MINUSMA de Tombouctou d’être attaqué aux mortiers et aux roquettes. Les rapports préliminaires font état de six obus tirés sur le « super camp ». Le premier bilan annonce un casque bleu libérien tué, neuf casques bleus blessés dont quatre grièvement.
Depuis l’attaque, la sécurité autour du camp a été renforcée.
Ces différentes attaques prouvent à suffisance la volonté et la détermination des terroristes à ne pas lâcher prise. C’est pourquoi, il est appartient aux autorités maliennes et aux partenaires du Mali d’envisager d’autres méthodes, notamment l’acquisition d’avions de combat, pour venir à bout de cette guerre asymétrique qui est imposée aux forces de défense et de sécurité.

Diakaridia YOSSI, L'Espérance

 

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